Étudier le comportement humain pour améliorer les résultats thérapeutiques des patients

Sanofi-Human-Behavior
PARTAGER
Facebook
Linkedin

Des groupes d’experts et l’analyse des données permettront à Sanofi de concevoir des interventions pour améliorer l’observance thérapeutique des patients.

 

Pour traiter les patients atteints de maladies graves ou chroniques, les médecins disposent d’une large panoplie de médicaments innovants qui ont donné la preuve de leur efficacité dans le cadre d’essais cliniques rigoureux. Il se trouve pourtant que l’obtention de résultats thérapeutiques optimaux tient davantage au comportement des patients qu’aux médicaments qui leur sont prescrits.

De fait, 50 % des résultats thérapeutiques sont déterminés par les comportements des patients. Or, près d’un tiers d’entre eux ne prennent pas convenablement les médicaments qui leur sont prescrits selon le Dr Isabelle Durand-Zaleski, Responsable du service de santé publique de l’hôpital Henri-Mondor à Paris. « Dans certains cas, à peine la moitié des patients observent leur traitement, d’où l’importance de trouver des moyens d’améliorer l’observance thérapeutique, ne serait-ce que modestement», explique Hayden Bosworth, professeur de médecine à l’Université Duke.

 

« On dit souvent qu’il faut se concentrer sur l’éducation des patients, mais cela ne suffit pas », explique le Dr Anne Beal, Responsable Global, Patient Solutions de Sanofi. « Le comportement des patients et la manière dont ils prennent en charge leur maladie sont ce qui leur permet vraiment de recouvrer la santé et d’obtenir de bons résultats thérapeutiques. »

 

Regarder l’interview du Dr Anne Beal :

 

Pour tenter de remédier à ce problème, Sanofi a décidé de se tourner vers des spécialistes du comportement humain comme les docteurs Bosworth et Durand-Zaleski. Tous deux font partie d’un groupe international de spécialistes que Sanofi a constitué pour l’aider à comprendre les différents facteurs qui interviennent dans l’observance thérapeutique en situation réelle. L’entreprise collabore également avec des entreprises de haute technologie spécialisées dans l’analyse des données afin d’étoffer ses connaissances dans ce domaine.

L’objectif est d’exploiter ces informations pour concevoir des interventions auprès des patients dans le but d’améliorer l’observance thérapeutique tout au long du parcours de santé et d’obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques.

Les chercheurs savent déjà qu’un grand nombre de patients seront confrontés à des difficultés significatives pour prendre leurs médicaments, se les procurer et gérer les autres aspects de leur traitement. Les raisons de ces difficultés sont multiples et vont du simple oubli au manque de temps et au poids des différentes obligations de la vie quotidienne (aller chercher les enfants à l’école, se rendre au travail le matin).

 

Parfois, ces raisons sont plus complexes et tiennent à ce que les chercheurs appellent des facteurs « contextuels » l’environnement quotidien des patients, leur culture, le lieu où il vivent, leur situation socio-économique.

Le niveau d’« activation » du patient est un autre facteur important de sa non-observance. Ainsi, les patients dont le score d’activation est faible ont souvent l’impression qu’ils ne maîtrisent pas leur santé ou qu’ils ne peuvent obtenir de leur médecin des réponses aux questions qu’ils se posent. Ceux-ci sont plus susceptibles de ne pas respecter leur traitement, souligne le docteur Beal, tandis que les patients plus « activés » sont plus aptes à prendre en main leur maladie et leur traitement.

Grâce aux nouvelles technologies, comme les dossiers médicaux électroniques et l’accès en ligne aux données des demandes de remboursement, il est aujourd’hui plus facile de recueillir des données observationnelles sur les comportements qui agissent sur l’observance thérapeutique. Les données observationnelles – qu’il s’agisse des échanges entre les médecins et les patients, de données d’imagerie médicale voire des réseaux sociaux – jouent un rôle de plus en plus important dans l’étude de l’observance thérapeutique.

 

« Le volume de données disponibles dans le monde réel est considérable », souligne le Dr Bernard Hamelin, Responsable Global, Medical Evidence Generation de Sanofi. « Toutes ces informations peuvent nous aider à mesurer les résultats thérapeutiques applicables au traitement qui nous intéresse. Elles peuvent aussi nous aider à les contextualiser. »

 

Regarder l’interview du Dr Bernard Hamelin :

 

Sanofi a également noué des collaborations avec plusieurs entreprises afin de pouvoir accéder à un plus grand nombre de sources de données utiles à l’étude comparative des comportements et de l’observance thérapeutique des patients entre différents pays ou régions. Ces collaborations portent, entre autres, sur de nouvelles méthodes d’analyse des métadonnées qui permettront à Sanofi d’explorer différents ensembles de données et catégories d’informations et d’en extraire de multiples enseignements.

L’une d’entre elles est la collaboration que Sanofi a nouée avec Evidation Health, une entreprise de la Silicon Valley qui a développé une plateforme innovante pour mesurer l’impact de différents facteurs de la vie réelle, comme les comportements des patients, sur les résultats éventuels d’un traitement donné. Evidation Health recueille un large éventail d’informations auprès des patients qui acceptent de fournir des données.

Ce dispositif peut être particulièrement utile à l’étude d’une maladie chronique comme le diabète, qui nécessite des soins au long cours. Ainsi, la prise de poids qui accompagne parfois l’instauration d’un traitement par insuline peut inciter les patients à arrêter leur traitement. L’utilisation de leur dispositif pour le suivi du poids du patient, de son niveau d’activité et de ses demandes de remboursement permet à Evidation d’alerter les médecins sur les patients les plus susceptibles de ne pas observer leur traitement.

 

« Savoir que cela pourrait éventuellement se produire et l’anticiper permet d’être plus proactif en matière d’éducation et de soins pour ces patients et d’agir avant qu’ils ne décrochent complètement », explique Christine Lemke, Cofondatrice et Présidente d’Evidation Health. « Nous pensons que nous pouvons aider les médecins à suivre plus efficacement leurs patients et à être plus proactifs dès qu’ils perçoivent chez eux des signes de lassitude face au traitement. »

 

 

Les chercheurs ont également découvert qu’il est possible d’améliorer l’observance thérapeutique de manière significative dès lors que l’on met à la disposition des patients atteints d’une même maladie les moyens d’échanger entre eux. Un des membres du groupe d’experts de Sanofi, John Piette, professeur de science comportementale et d’éducation en santé à l’Université du Michigan, a réalisé une étude randomisée1 qui a démontré que les patients diabétiques bénéficiant du soutien d’autres patients obtenaient de meilleurs résultats thérapeutiques que ceux qui limitaient leurs échanges aux seuls professionnels de santé.

 

Sachant que de moins en moins de nouveaux médicaments sont mis sur le marché et que le coût des soins de longue durée va continuer d’augmenter sous l’effet notamment de la hausse des maladies chroniques, il est de plus en plus important de trouver les moyens de comprendre les comportements des patients et de les infléchir. « Améliorer l’observance thérapeutique ne serait-ce que de 5 à 10 % », selon le professeur Bosworth, « se traduira par des bénéfices, en termes de santé, comparables à ceux que pourrait générer l’arrivée d’un médicament entièrement nouveau sur le marché ».

 

Regarder l’interview de Christine Lemke :

 

Référence :
1 : Heisler M, Vijan S, Makki F, Piette JD. Diabetes control with reciprocal peer support versus nurse care management: a randomized trial. Annals of Internal Medicine 2010;153(8):507-515.

 

Choisissez les sujets qui vous intéressent comme
ou