Comprendre et lutter contre Zika :
une urgence sanitaire mondiale

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Possiblement lié à d’importantes malformations congénitales chez les femmes enceintes infectées, ainsi qu’à de graves troubles neurologiques chez les adultes, le virus Zika représente un des défis sanitaires les plus importants auxquels le monde doit faire face aujourd’hui. Selon un rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en février, 33 pays ont rapporté de nouveaux cas de Zika sur la seule année 2015.

 

Cette situation a conduit l’OMS à déclarer l’éruption des cas d’infections par virus Zika comme une urgence de santé publique mondiale, et à lancer, le 1er février 2016, un Plan mondial pour l’intervention d’urgence destiné à lutter contre la propagation du virus. Le lendemain, Sanofi Pasteur, la division Vaccins du groupe Sanofi, a répondu à l’appel de l’OMS et a annoncé le lancement d’un programme de développement d’un vaccin contre le virus Zika.

 

« Nous avons à la fois l’expertise et les capacités de production, ce qui nous permet d’avancer très rapidement », explique Nicholas Jackson, directeur de la recherche de Sanofi Pasteur, au journal Le Monde.

 

 

Comprendre et lutter contre le Zika

 

Le virus Zika appartient à la même famille des Flavivirus que d’autres maladies transmises par les moustiques, comme l’encéphalite japonaise, la fièvre jaune et la dengue. Plus important encore, il est transmis par le même moustique vecteur, ayant pour particularité de piquer le jour, et partage la même présentation clinique que la dengue, bien qu’historiquement il soit considéré comme beaucoup moins grave.

 

Si le virus Zika n’est pas nouveau – plusieurs cas ont été documentés depuis 2007 – il inquiète de plus en plus. On le suspecte en effet d’être responsable de l’accroissement de cas rapportés de microcéphalie, une malformation crânienne néonatale rare et grave, pouvant entraîner un important handicap. Le virus Zika est également associé au syndrome de Guillain-Barré, maladie neurologique grave qui touche le système immunitaire.

 

Le virus se propage à un rythme épidémique, et parmi les 33 pays qui ont rapporté des cas nouveaux d’infection à virus Zika l’année dernière, six (le Brésil, la Polynésie française, le Salvador, le Venezuela, la Colombie et le Suriname) ont également observé une augmentation de la microcéphalie et/ou des cas de syndrome de Guillain-Barré liée au virus Zika.

 

Le virus Zika aurait été introduit au Brésil lors de la Coupe du monde de football de l’été 2014. Les Jeux Olympiques de 2016, qui se dérouleront à Rio de Janeiro au mois d’août prochain, font craindre une propagation du virus Zika à d’autres pays via les visiteurs venant au Brésil, et donc une augmentation de l’épidémie.

 

« Nous devons comprendre pourquoi [Zika] est là. Où va-t-il ? Est-il bien le responsable de ces problèmes ? Nous devons comprendre sa biologie fondamentale. C’est pourquoi la collaboration va être si importante au plan international et régional » a déclaré Nick Jackson à STAT, un journal digital Américain spécialisé en Sciences de la vie.

 

Au Brésil, près de 1,5 million de personnes ont été infectées par le virus Zika depuis mai 2015, et 404 cas de microcéphalie ont été confirmés entre octobre 2015 et janvier 2016. En comparaison, seulement 147 cas de microcéphalie ont été diagnostiqués sur toute l’année 2014.

Alors que la connaissance des risques du virus reste imprécise, le lien fort entre l’épidémie Zika et l’augmentation des cas de microcéphalie et du syndrome de Guillain-Barré a conduit l’OMS à renforcer la collaboration internationale pour contrer la menace.

 

 

L’OMS lance un appel à la mobilisation

 

En l’absence actuelle de traitement ou de vaccin et face aux inquiétudes sur la transmission éventuelle du virus Zika par la salive, l’urine ou le sperme, l’OMS a convoqué une réunion d’urgence en février pour attirer l’attention sur l’épidémie.

Elle a ensuite annoncé vouloir mettre en place une stratégie d’un montant de 56 millions de dollars pour dynamiser la recherche sur le virus Zika et accélérer la découverte d’un vaccin afin d’empêcher la propagation. Elle a aussi insisté sur le besoin urgent d’élargir la recherche aux liens éventuels entre microcéphalie et syndrome de Guillain-Barré.

 

En étant la première grande entreprise pharmaceutique à se lancer dans la recherche d’un vaccin contre le virus Zika, Sanofi Pasteur a pris la tête du mouvement de recherche destiné à lutter contre la maladie. La société collabore déjà avec des scientifiques et des cliniciens du monde entier pour apprécier l’étendue du virus, en savoir plus sur sa biologie et mieux comprendre la relation entre le virus Zika, la microcéphalie et le syndrome de Guillain-Barré.

 

« Nous avons une grande conscience de l’urgence… Nous devons travailler avec les agences régulatrices du monde entier pour tenter de trouver des voies originales permettant d’accélérer (le développement). Adopter la démarche classique à la lettre pour développer un vaccin risque de nous ralentir » a déclaré Nick Jackson à STAT.

 

La société a déjà développé avec succès des vaccins pour d’autres Flaviviruses, dont la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et la dengue (qui est à ce jour reconnu comme le virus le plus proche du Zika). Sanofi Pasteur s’appuiera sur cette expertise pour mettre au point une vaste collaboration scientifique et sanitaire internationale, et capitalisera sur son récent succès avec le premier vaccin contre la dengue pour accélérer la recherche d’un candidat vaccin. Si tout s’enchaîne bien, l’entreprise pourra ainsi « réduire de plusieurs années le calendrier habituel requis pour un vaccin ».

Aussi, Sanofi Pasteur est bien décidé à jouer un rôle crucial dans la mobilisation mondiale déployée pour empêcher la propagation du virus Zika et aider à éradiquer cette nouvelle menace pour la santé publique.

 

Nicholas Jackson, qui conduit cette action, a déclaré avoir déjà constitué une équipe de plus de 80 experts en interne et que des essais précliniques d’un vaccin potentiel  seront effectués sur l’animal dès le printemps.

 

« Le début des études précliniques sur l’animal est imminent et nous allons franchir les différentes étapes de recherche et développement qui pourraient nous permettre d’entrer l’an prochain en phase clinique » a-t-il déclaré à l’agence Reuters.

 

Avec une architecture de vaccin déjà utilisée par des millions de patients et un virus qui semble bien conservé sur le plan génétique, les chances que de nouveaux vaccins contre le virus Zika soient mis à la disposition des populations à risque plus vite qu’on n’a jamais pu le faire nourrissent de grands espoirs.

 

Sanofi Pasteur a annoncé le 6 juillet 2016 un accord de collaboration en matière de recherche et développement avec le Walter Reed Army Institute of Resarch (WRAIR), en vue de codévelopper un candidat vaccin contre le virus Zika.

Cette collaboration passionnante avec le WRAIR devrait nous permettre d’avancer rapidement, » a déclaré David Loew, Vice-Président Exécutif, Sanofi Pasteur.

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